Publié par : Alexis | 29 octobre 2007

« Enfant imbécile », une définition présidentielle de l’attaché de presse ?

Voici la vidéo qui fait parler d’elle en ce moment. On y voit Nicolas Sarkozy s’emporter suite à une question sur son divorce posée par Lesley Stahl, une journaliste de CBS.

Mon propos n’est pas tellement de revenir sur la pertinence de la question ni sur celle de la réaction mais plutôt de ce qui a suivi.

Il nous est rapporté que NS s’en est ensuite pris à David Martinon, son porte-parole et attaché de presse, pour avoir monté cet entretien le traitant « d’imbécile » et « d’enfant ».

Ce comportement soulève à mes yeux une vraie question de fond : où commence et où s’arrête la responsabilité de l’attaché de presse ou du responsable de la communication ? Comment concilier cette responsabilité et la liberté de la presse ? Une fois l’entretien calé, balisé, préparé, n’est-il pas temps pour l’interviewé de prendre SES responsabilités et d’en assumer les conséquences ?

Au-delà du présent exemple, nous voyons trop souvent des comportements immatures trahissant une confusion coupable entre journalisme et marketing. Le rôle du journaliste n’est pas de « servir la soupe », celui de l’AP n’est pas de lui tenir la main.

Soyons clair, il est du rôle de l’AP de s’assurer que son client soit bien préparé, qu’il connaisse la nature de l’entretien, la personnalité du journaliste, le TYPE de questions qu’il peut en toute probabilité rencontrer. Cela peut passer par la préparation de réponses type afin de « fluidifier » (terme au combien à la mode) l’entretien et de favoriser le passage des messages voulus auprès du journaliste. Mais à partir de là commence un nouveau territoire : le libre arbitre du journaliste.

Le plus remarquable est que c’est ce qui fait l’intérêt des relations presse par rapport à la communication publicitaire ou marketing : nous travaillons un sujet éminemment volatil : l’humain. Nous faisons confiance à un tiers pour évaluer, étudier, disséquer, soupeser, comparer, critiquer nos messages. De ce travail indépendant dépend toute la valeur que l’on attache à l’avis du journaliste. Le relais systématique d’un message « corporate » s’accompagnerait inévitablement une perte de crédibilité auprès du lecteur, de l’auditeur ou du téléspectateur.

Rappelons-nous et rappelons à nos clients que c’est ce libre arbitre qui fait la force et la faiblesse des relations presse. Sans cette liberté, sans cette éthique, plus d’impact. Si tout le travail amont de préparation a été correctement effectué, il est donc inutile et contre-productif de s’en prendre à l’AP si le journaliste fait preuve de professionnalisme et exerce son droit à l’impertinence, à la critique voire à l’ignorance ou à la bêtise.

Oh, et vous savez quoi ? Si le journaliste décide après coup de ne pas écrire, rappelez-vous que ce n’est pas votre attaché de presse qui a été interviewé.

MAJ – 19h00 – la totalité du sujet grâce à Imédias.biz :

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