Publié par : Alexis | 30 octobre 2007

Com’ si de rien n’était…

Intéressant article dans Le Monde de ce week-end sur « la com sous contrainte judiciaire » à l’occasion de l’affaire de l’UIMM.

Où l’on en apprend, ma bonne dame, de bien belles sur les manipulations auxquelles sont confrontées les journalistes et sur les contraintes d’une communication de crise dans un climat judiciaire. Mais…

…n’est-ce pas justement le but de ces éminences grises, de ces conseillers de l’ombre que de rester… dans l’ombre (oui, je sais : et grises aussi) ???

Je suis toujours étonné de la candeur avec laquelle les journalistes font part des manoeuvres de manipulation, pardon, de communication et d’orientation dont ils font l’objet.

La récente campagne présidentielle m’a particulièrement frappé par le déballage des mécanismes de communication et de « spin » des conseillers des uns ou des autres. M’est avis que ce grand déballage entretient, au final, le sourd sentiment de connivence politiques/média dans l’esprit des français. En effet, loin de dénoncer, ce qui pourrait être légitime, lesdites stratégies, les journalistes se contentent souvent d’en faire l’écho sous le ton du « Regardez comme je suis dans le secret des puissants, manants qui n’avez pas vos entrées dans les palais de la République ».

D’autant plus qu’ils relaient tout de même, en parallèle (et souvent dans un article sur la même page, pourquoi s’embêter), les fameux messages dont ils viennent d’exposer la mécanique.

Je reste pour ma part convaincu que cette volonté des communicants de se mettre en scène dessert, à la longue, non seulement la profession mais également, et avant tout, leurs clients – au risque de faire passer ces derniers pour de simples pantins.

Tout comme un magicien ou un espion (qui a dit un escroc ?), je suis persuadé que certaines de nos techniques professionnelles (que les anglo-saxons ont baptisées les « tricks of the trade ») perdent en efficacité et en fiabilité si elles se retrouvent exposées au grand jour… Nous passons beaucoup de temps à rendre le mariée plus belle, il serait gentil pour elle de ne pas dire comment.

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Responses

  1. Quand Narcisse cède à sa propre image…

    Dénoncer une pratique, que l’on connaît trop bien pour en être un maillon, au nom de la « transparence » est un moyen bien connu pour avoir l’air de ne pas y toucher.

    La demande constante de « transparence », dans les affaires, les médias, la vie de couple, les supermarchés… est un leurre, mais surtout une tyrannie comme une autre. Les auteurs de science-fiction / anticipation ont montré à quel point une société où l’on sait tout se révêle être une société du contrôle et de la rétorsion des « pas dans la norme ».

    La transparence, c’est le stade primaire où seul le rapport de force peut l’emporter. Ce qui fait la civilisation, ce sont les compromis, les artifices et les (petites) hypocrisies.


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