Publié par : Nicolas | 13 décembre 2007

Passez-moi le standard SVP

A l’heure où l’on ouvre les formats software, et vas-y que je te mets du XML, de l’OpenSocial et autres API OpenSource de partout, il est quand même sidérant de voir que sur le front hardware c’est encore l’âge de pierre…

Le regretté Douglas Adams (écrivain de science-fiction burlesque à qui l’on doit entre autres* la série du Guide du Voyageur Galactique et la réponse à la Grande Question sur La Vie, l’Univers et le Reste), avait remarqué en technophile averti le phénomène dans le magazine Mac User en 1996 (à l’échelle de l’électronique grand public, c’est un âge presque géologique) et en concluait : marre des petits bitoniaux !

 

 

Tout comme le vrai métier de Xerox est, contrairement à une croyance populaire répendue, de vendre des cartouches d’encre, le vrai métier des grandes marques de l’électronique portative (Apple, Dell, Sony, Motorola…) est peut-être de vendre des « petits bitoniaux« , vous savez, ces fameux adaptateurs secteur qui ne marchent qu’avec un seul appareil ? Parce que l’ampérage doit être de tant, ou la fréquence de tant, ou bien le voltage de cette valeur, ou bien le côté positif en haut de la fiche plutôt qu’en bas. Bref, entre l’appareil photo, le balladeur audio, le GPS, le DVD portable, le téléphone mobile, l’ordinateur portable, etc. il y a de quoi remplir des armoires entières de chargeurs !

 

Imaginez comme le cas pouvait devenir complexe pour Douglas : sujet de Sa Majesté la Reine d’Angleterre, il utilisait des prises anglaises bien évidemment. Son succès en librairie et en radio aidant, il travaillait beaucoup avec ses agents américains à New York et San Francisco et leur rendait visite fréquemment : il lui fallait donc aussi des adaptateurs en 110V. Enfin, sa fortune personnelle lui permettant cette agréable fantaisie, il avait acquis une charmante propriété dans le Sud de la France ce qui signifiait encore de nouveaux adaptateurs. Et encore, s’il avait dû aller en Corée du Sud il lui aurait fallu du 220V mais en 60Hz ! Faites-vous peur avec cette carte du monde des standards électriques

 

Moralité : faute d’une prise universelle, voilà notre Douglas perdu avec son nombre incroyable d’adaptateurs et la plupart de ses appareils portatifs en rade de batterie parce qu’il n’avait pas pris le bon dans sa valise au moment fébrile du départ. Il avait toutefois remarqué qu’il existait bien un standard universel pour le courant continu, qui d’ailleurs n’avait plus rien à voir avec son usage d’origine : la prise allume-cigare. C’était selon lui le seul standard concret auquel on peut se rattacher dans un monde devenu fou des bitoniaux. Et même avec un adaptateur universel pour toutes sortes de prises, vous imaginez le nombre improbable de ferraille et plastique à trimbaler pour nourrir tous ces appareils ?

 

Aussi, mettons les ingénieurs dans une salle fermée pour les obliger à réfléchir à un standard de voltage / ampérage / taille de la prise. Privons-les de dessert, d’iPhone ou des Experts, tout ce qu’on veut pourvu qu’ils se mettent d’accord une bonne fois pour toutes ! Vous allez voir qu’en moins de 24 heures (plus fort que Djack Baoueur !) ils vont se mettre d’accord sur une norme unique. Allez, soyons plus réalistes, sur deux ou trois tout au plus. Une piste en prime : il existe un formidable standard international qui porte le doux nom d’USB (Universal Serial Bus : c’est même indiqué dans le nom !), ça me semble une bonne base de départ car de nombreux appareils plus ou moins indispensables (de la souris au chauffe tasse en passant par les téléphones mobiles) fonctionnent sur ce mode de connexion plug and play. Et puiqu’on y est, autant qu’il fassent de même pour les autres câbles de connectivité, en particulier appareil-ordinateur.

 

Fermez les yeux et imaginez ce bonheur indicible (parfois il en faut peu pour être heureux) que l’on pourrait avoir le jour où l’on a oublié son attirail : plus beaucoup de batterie sur le téléphone mobile, pas de problème, le chargeur de GPS mon collègue me dépanne sans problème ! Je souhaite retoucher sur mon ordinateur portable les photos prises pendant l’excursion d’aujourd’hui, le câble de connexion du balladeur MP3 de mon voisin remplit lui aussi cette fonction !

 

La guerre des technologies propriétaires est vraiment pénible pour l’utilisateur final, car entre les cartes mémoires (SD / MMC / Memory Stick…), les DVD (la bataille BlueRay ou DVD HD fait rage), les formats sonores (AAC, MP3, wma, OGG…) et j’en passe, on n’arrive jamais à avoir deux appareils qui se connaissent / reconnaissent. 

A l’heure où on parle d’interopérabilité tous azimuts, on pourrait commencer par la partie « vis et boulons », non ?

 

 

* On lui doit également par exemple le nom du logiciel de traduction de Yahoo! (BabelFish) et les 42 carrés flottants de l’ancien logo de Windows.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :