Publié par : Henri | 4 janvier 2008

Marre du consensus 2.0 !

Je viens de lire dans la lettre de l’Atelier d’hier un article intéressant Médias, Loisirs : une année de digestion. Il évoque des sujets qui sont au cœur des évolutions et bouleversements qui vont continuer de secouer la planète, ses habitants et leurs habitudes avec l’intégration toujours plus poussée des technologies dans le quotidien et leur appropriation toujours plus grande par un public de plus en plus ouvert.

Mais là où je bondis, c’est quand je lis que les nouveaux propriétaires d’un bar à Nantes (ce qui constitue quand même une information majeure…) ont décidé de le rebaptiser en faisant appel aux habitants du quartier via un site dédié.

Ils n’avaient pas l’imagination suffisamment débridée pour le faire eux-mêmes ? Et d’abord, pourquoi le rebaptiser ? Ils auraient dû d’abord interroger les gens du quartier sur la nécessité de changer de nom. Peut-être que finalement, Le Churchill (c’est son nom actuel), c’était pas mal. A moins que Churchill, ça n’évoque trop le cigare et ses volutes désormais interdites ? Et puis, pourquoi limiter le sondage au quartier ? Pourquoi on ne me demande pas aussi mon avis ? Je pourrais passer à Nantes et avoir envie de boire un Muscadet bien frais. Peut-être que Le Churchill me séduirait ? Ou peut-être pas ? Et puisqu’on y est, autant sensibiliser le monde entier sur ces questions cruciales : Faut-il débaptiser le Churchill ? Peut-on appeler un bar Le Churchill quand on ne peut plus y fumer ? Si non, comment l’appeler : L’Aseptisé, L’Insipide, Le Jesaispascommentappelermonbarquejejviensd’acheter ?

En tout cas, voilà de bien belles illustrations d’une mauvaise utilisation de Facebook et autres réseaux sociaux du Web 2.0 !

Je ne sais pas comment on a fait il y a 10 ans sans eux quand on a lancé 3d Communication. Si ça se trouve, ça se serait appelé Dirat&du Souich Associés (c’était bon pour l’ego, ça) ou DS RP (non, ça faisait vieille bagnole) ou encore I Love You Communication New Creation (pas mal pour le marché mondial).

Non, sérieux, s’ils veulent changer de nom, les nouveaux proprios, ils ne peuvent pas se dé******, prendre leurs risques (sachant que le plus gros risque, ils l’ont déjà pris en rachetant le bistrot), boire un bon coup en fumant un Churchill et trouver le nom qui leur convient à eux plutôt que d’interroger cette communauté virtuelle qui va leur donner un nom consensuel, donc forcément plat, mou, banal. Surtout que si ça se trouve, les habitants du quartier ne sont peut-être même pas clients du Churchill et ils ne le seront pas plus avec un nouveau nom.

Ce qui me fait réagir dans cette anecdote, c’est la dérive : on va interroger ses « friends » pour tout et n’importe quoi. Trouver un nom à son futur bébé. Savoir si on fait bien de demander sa copine en mariage. Se rassurer sur la nouvelle couleur des rideaux. Se faire aider dans le choix de la cravate à mettre pour l’entretien de recrutement. Et que deviennent le quant à soi, l’avis personnel, l’esprit critique, la prise de décision, l’impulsion, le spontané, l’envie, la réaction, le j’aime/j’aime pas, etc. ?

Si on n’y prend pas garde, on va droit vers la pensée unique à l’échelle mondiale qui s’autoalimentera d’autant plus vite et d’autant plus profondément que chacun aura l’impression d’apporter sa contribution individuelle. Mais il ne s’agira que d’une illusion qui sera le reflet du dénominateur commun insidieusement propagé et distillé par le Grand Réseau Mondial.

Alors, en ce début d’année propice aux bonnes résolutions, prends en 3 (au moins), camarade-lecteur, pour résister au nivellement, à l’uniformisation, à l’égalisation, à la banalisation !

1 – Engage toi à ne pas aller sur le 2.0 plus de quelques minutes par jour !

2 – Fais fonctionner ton esprit critique sur les informations que tu y trouves !

3 – Oblige toi à diversifier tes sources !

Mais même là, fais bien attention, car tu peux quand même te faire piéger en lisant un quotidien économique, en écoutant une radio monégasque et en surfant sur un site dédié aux technologies !

Tiens, au fait, Monsieur Weill, il n’a demandé à personne comment rebaptiser les « boutiques » qu’il a rachetées ?

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Responses

  1. Hum… Sans faire de mauvais esprit sur le manque d’idée et la consultation permanente, ce coup de gueule est plus politique sur le fond qu’il n’en a l’air. « Je ferai participer les militants et les citoyens », « je consulterai les partenaires sociaux sur ce sujet », ça vous rappelle quelqu’un(e) ?

    Demander aux gens ce qu’ils pensent d’une chose c’est :
    – supposer qu’ils pensent tout court, qu’ils ont un avis un minimum argumenté sur la question
    – abandonner une partie de son propre pouvoir, se dépouiller d’un peu de la légitimité de sa décision
    – prendre le risque de recevoir une réponse qui ne plait pas

    Si le bar est tellement insipide : Le John Major irait très bien.


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