Publié par : Bénédicte | 4 juillet 2008

La vie ne tient qu’à… une onde radioélectrique !

« Je dois beaucoup aux médias. Je ne serais peut-être pas vivante aujourd’hui ». Ingrid Betancourt.

Multiplication des documentaires et des témoignages, journées de soutien et actions en faveur d’Ingrid relayées par la presse… et surtout rendez-vous quotidien par le biais de Radio France International avec les siens, chaque matin à 5 heures ! Voilà ce qui a permis à Ingrid, au delà de sa personnalité extra ordinaire, de résister, de survivre au milieu de la jungle : la communication avec ses proches et le monde des vivants via un vieux poste de radio !

On a déjà beaucoup écrit sur le phénomène médiatique « Ingrid Betancourt »… Mon propos n’est pas d’engorger un peu plus l’espace médiatique et la toile avec un commentaire supplémentaire. Je voudrais là juste souligner qu’il est rare que les médias soient remerciés et qu’en général ils sont plus souvent pris pour cible…  Après avoir remercié Dieu, sa patrie et l’Armée colombienne, Ingrid a salué le rôle des médias… Pour une fois !

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Responses

  1. Et comme tout post sur Ingrid Betancourt suite à sa libération, celui-ci suscite le débat…

    Il est vrai que les médias ont joué un rôle important dans cette affaire, ne serait-ce que par la pression qu’ils ont instauré sur les gouvernements français et colombien, mais je crois qu’il faut se garder de ne voir qu’une ode au bien-fondé de l’action médiatique dans le retour euphorique de celle qui est devenue un mythe.
    Depuis six ans, les médias ont constitué une strate de symboles à partir de Mme Bétancourt qui, fut-elle formidable, n’en reste pas moins humaine. Or il me semble que dans la liesse ambiante, nous sommes à la limite de la fracture entre la canonisation (Yahoo titrait « Sainte Ingrid est de retour », avec peut-être une ironie révélatrice) et la découverte d’une femme courageuse mais pas tellement différente de nous. D’où la question : pourquoi elle + 14 autres et pas un millier d’autres par exemple ? Combien sommes-nous à avoir appris brutalement que Ingrid n’était pas seule dans la jungle, mais que des milliers de personnes peut-être tout aussi honorables y souffraient également ? En se focalisant sur une cause particulière, les médias ont sans aucun doute attiré l’attention sur la cause des otages, mais en ont aussi occulté l’ampleur. En bien où en mal, l’image de la situation a été manipulée.
    Ce dernier point, qui n’a jamais choqué personne, risque d’apparaître dans toute sa « splendeur » à cause des multiples incohérences qui émaillent l’événement. A commencer par la forme éblouissante de l’ex-otage, donnée mourante il y a quelques semaines, entr’aperçue dans un hôpital lors d’une échappée rocambolesque pour obtenir des soins. Si la prière suffit à soigner une hépatite C, que devient la recherche médicale ? Une brève comparaison avec l’état de Florence Aubenas, revenue dans un piètre état après une captivité de plus courte durée, montre à quel point cette libération sortie de nulle part sonne faux.
    Le « personnage » de Mme Aubenas s’était construit naturellement, par son caractère et la force de sa dramatique expérience inscrite visiblement, sans trop d’exégèse de la part des médias qui avaient constamment maintenu le contexte de la guerre en Irak dans l’esprit du public. Au contraire, le retour de Mme Bétancourt ressemble à une cacophonie, où chacune de ses paroles est reprise pour servir sa ‘légende’, bien au-delà des faits et de ce qu’elle a vécu, simplement en tant qu’être humain. Les informations qui la concernent deviennent litligieuses (contact radio quotidien avec sa famille, ou distribution de tracts au-dessus de la jungle en espérant qu’elle soit vivante ???) ; elle-même frôle la manipulation avec la récente polémique au sujet d’un dessous de table financier aux FARC. Il serait dommage que la méfiance voire le désaveu qui se propage petit-à-petit dans la blogosphère viennent détruire l’image de cette précieuse personne… et celle des grands médias qui, une fois encore (de trop ?) semblent n’avoir qu’une voix, celle de l’évidence. Dans les catastrophes comme dans les moments d’exultation, il faut toujours un esprit critique, ou au minimum un peu de recul, pour asseoir la crédibilité du sentiment qu’on entend communiquer (imposer ?) au plus grand nombre. La crise dont nous sommes actuellement témoin -et dont le retour d’Ingrid Bétancourt n’est qu’un reflet- est celle d’une légitimité qui se cherche, et qui ne parviendra pas à se réaffirmer par un brillant coup d’éclat mais par un travail patient du détail et de la confrontation des points de vue.
    Je crois qu’au contraire de la guerre actuelle de l’information la plus pure possible, il faut relancer l’émulation de la subjectivité : la créance croissante dont bénéficient les blogs en sont un criant témoignage. De cette manière, le public participe lui aussi à l’information en opérant un travail de critique personnelle, au lieu de se cantonner à une acceptation aveugle/un refus désabusé de l’information prémâchée que la télévision notamment diffuse à outrance. S’il est vrai que l’homme est un animal politique, il est aussi un être d’arguments, or où sont ces derniers ? En 2e partie de soirée (Ce soir ou jamais) ou en fin d’après-midi (C dans l’air). Et elles sont plébiscitées par un nombre honorable, tout comme l’était 7 à 8.

    Alors oui, le rôle des médias doit être salué, comme toute manifestation quasi-divine qui se respecte, tout comme notre Ingrid nationale a salué la Vierge. Mais attendons un peu avant de déterminer si nous sommes bénis ou maudits, car la différence ne tient qu’à l’usage réglé ou exacerbé du langage. Après son silence forcé dnas la jungle, forcera-t-on Ingrid Bétancourt à s’exprimer ? Les faits ne peuvent-ils plus parler d’eux-mêmes autant que nous ne pouvons plus nous passer de médiatisation ?


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