Publié par : Alexis | 4 juillet 2008

Le verre de Tuica est à moitié plein…

…c’est la loi !

Et oui, la Roumanie vient de décreter que les médias devaient désormais diffuser 50 % d’informations positives.

Alors, est-ce vraiment si ridicule que ça ?

Après la première réaction épidermique et zygomatique, il convient de se poser réellement la question. Et si les trains qui arrivent à l’heure commençaient à faire la Une ? Et si les Français qui réussissent étaient soudainement loués au lieu d’être décriés. Et si la culture de la réussite imprégnait le tissu économique français et motivait nos compatriotes à tout faire pour décrocher le jackpot. Et si il suffisait juste de forcer un peu la main des rédacs chefs pour doper le moral des Français ? Et si, et si, et si…

Le succès de la « nouvelle scène » de la chanson française doit son succès aux quotas tant décriés à l’époque, les lois sur la parité ont entraîné une prise de conscience sans précédent, alors pourquoi pas une loi permettant aux journalistes de changer de paradigme ?

Le débat est ouvert, merci les Roumains !

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Responses

  1. C’est en effet parfaitement absurde d’imposer un quota de bonnes nouvelles, car on risque de faire rentrer certaines informations au chausse-pied dans les 50% positifs, voir ce que fait Xinhua en Chine…

    Cette idée revient à penser que l’on sait déterminer à coup sûr si une nouvelle est bonne ou mauvaise. Qui aurait la capacité à tout comprendre ? Si McCain est élu, est-ce une bonne nouvelle ? Ou une mauvaise ? Simplifier les choses revient à adopter une vision binaire, sans subtilité et infantile du monde.

    Si McCain est élu, c’est peut-être une bonne nouvelle pour certains et une mauvaise pour d’autres car le monde n’est pas homogène.

    Adopter des lunettes aux verres roses, à part rendre hommage à la Môme, ne sert à rien.

    Changer le rapport culturel, c’est donner une chance de préserver une identité, c’est du protectionnisme. Changer le paradigme du traitement de l’information, il me semble, ça revient à de s pratiques d’un autre âge ou d’autres lieux…

  2. J’avoue que je suis bien sûr perplexe quant à l’intérêt éventuel de cette loi (qui ne sera peut-être jamais appliquée d’ailleurs).

    Mais cela m’intéresse d’essayer de dépasser le côté « Poisson d’Avril » pour essayer de décortiquer les motivations derrière ce texte.

    Notre ADN semble nous orienter naturellement vers la mauvaise nouvelle. Les catastrophes nous fascinent, les malheurs des autres excitent notre voyeurisme naturel. Les médias, en relayant majoritairement la « mauvaise » nouvelle, ne font que répondre à la demande et toutes les tentatives de « journal des bonnes nouvelles » a été un échec cuisant.

    Une obligation de couverture de l’actualité Bisounours détacherait les médias de la pression commerciale inhérente aux moyens modernes de communication. Pas de risque de perdre de la pub au profit d’un autre puisque tout le monde est soumis à la même règle.

    La véritable question est donc de savoir si le lecteur/auditeur/téléspectateur, soumis quotidiennement au joli et doux monde de Mon Petit Poney, se découvrirait une affinité pour le côté rose de la force.

    En bref, est-ce que notre soif de gore est innée ou le résultat de siècles de propagation de la mauvaise nouvelle ?

    Quitte à mener l’étude, autant faire de la Roumanie un réservoir de cobayes afin de pouvoir répondre à cette question 😉

  3. Excellent échange, j’en ris encore… preuve que le débat même est source de bonne humeur !

    Je voulais juste préciser que les trains qui arrivent à l’heure ont déjà fait la une, grâce à la campagne (que j’adore et pour laquelle j’ai plaidé à l’Iscom) de la SNCF qui date de Septembre 2007. Le premier visuel paru mentionnait : « puisque les trains qui arrivent à l’heure n’intéressent personne, parlons du propithèque à couronne dorée de Madagscar »… Emoustillante et superbe antiphrase dont l’anticonformisme a signé la série (et l’hilarant site web), à l’instar de ce que fait Leg pour Eurostar. Résultat pour les deux : excellent taux de pénétration (en ce qui me concerne) et communication on ne peut plus positive qui, à part vendre sa came comme les voisins, a eu le mérite de faire rire nombre de cadres dynamiques et dépressifs sur le quai de La Défense.

    Pour répondre à ce post, je ne crois pas qu’une loi puisse changer quoi que ce soit en France : d’abord car des antécédents ont coulé dans l’indifférence générale, tel le journal « La Bonne Nouvelle » ; ensuite car les Français sont réfractaires aux lois. En revanche, Parigots et Navarrois sont sensibles à l’humour (noir), au décalage valorisant (french touch forever), bref à l’anti-conformisme dont je parlais à l’instant. Sans aller jusqu’à trancher entre catastrophisme et euphorie, tous les deux aussi excessifs et déplacés, on pourrait simplement remettre au goût du jour un concept déjà prisé dans les chroniques d’autrefois (je parle du XIXe minimum) et que les communicants ont repris joyeusement à la suite de TBWA : la disruption. C’est pertinent, piquant, drôle sur des sujets sérieux et vice-versa, et ça revient tout simplement à changer de point de vue. Cf ce que j’ai dit à propos de Bétancourt : à quand la renaissance du débat, de la joute oratoire, bref la course à la curiosité (vs voyeurisme, fatalisme et autres -ismes) ?


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