Publié par : Bénédicte | 3 octobre 2008

Petite histoire de maux de mots… en chiffres

Robert et Larousse (au fait, noms communs ou noms propres ?) affichent 60 000 mots chacun dans leurs nouvelles éditions 2009.

20 000 néologismes chaque année sont proposés, entre 100 et 150 mots seulement sont retenus et entrent dans le sacro saint Larousse ou Petit Robert. Mais ce n’est pas tout ! L’orthographe est bousculée également au grand damne de certains Académiciens qui en perdent leur … français avec plus de 6000 mots répertoriés proposés en deux orthographes ! 20 à 25% des nouveaux mots enfin proviennent du français parlé dans la francophonie et les régions de France.

La langue française serait-elle le reflet de l’air du temps ou correspond elle à une simple évolution naturelle ?

Air du temps à coup sûr si l’on constate la prédominance de trois domaines qui rassemblent une bonne partie des nouveautés. Vous avez deviné lesquels ?

Bingo ! (pas sûr que ce soit dans le nouveau dico – ce dernier non plus !) : blogosphère et identifiant symbolisent l’entrée fracassante du web 2.0 dans le dictionnaire et les nouvelles technologies sont à l’honneur. Pareil pour… l’environnement ! Bien sûr ! Bioéthanol et écoparticipation rejoignent au panthéon des mots nouvellement adoubés le lâcher-prise et l’aloe vera de la tendance « bien être psychologisante » du moment…

 

Les petits Français seront heureux d’apprendre également que Chariot peut s’écrire avec un ou deux R (pas comme  mourir : « tu sais, mourir, ça s’écrit avec un seul R car on ne meurt qu’une fois ! ») et que pizzéria est désormais un mot français puisqu’il peut s’écrire avec un E accent aigü.

 

A cela s’ajoute la richesse des expressions arrivées tout droit de nos amis francophones : « t’as pas la baraka pour ta nouba dehors, il douche ! »

 

Enfin, dernière tendance observée : la soudure des mots. Pop-corn peut désormais s’écrire sans trait d’union !

Alors un petit conseil : ne faites plus confiance aujourd’hui à vos correcteurs d’orthographe automatiques !

 

Après tout, cette révolution apparente des mots n’est-elle pas une simple évolution qui s’inscrit dans le mouvement naturel de toute langue… vivante ?

Qui se souvient de l’époque où l’on écrivait un « gens d’arme » et du « vin aigre » ?

 

On prend les paris pour l’édition 2010 ? Quels mots à votre avis franchiront l’année prochaine la sévère sélection des lexicologues ? A signaler, sont recalés à l’examen cette année bling bling et bravitude… Alors ?

 

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Responses

  1. Me permettez-vous une remarque : même si le Robert bouscule l’orthographe et tolère désormais un ou deux « r » à chariot, voire un seul « l » au mot imbécillité, on continue de dire « au grand dam » et non « damne ».

    ‘Dam’ vient du latin ‘damnum’ qui voulait dire ‘dommage’ ou ‘préjudice’ et était principalement utilisé dans un contexte juridique.

    Tout en gardant le sens latin, ‘dam’ est ensuite devenu ‘damage’, puis ‘domage’ et enfin ‘dommage’ à la fin du 12e siècle.
    ‘Dam’ s’est complètement effacé devant ‘dommage’ au XVIe siècle pour n’être plus utilisé que dans cette expression.

    Vous aurez donc noté la dérive de l’expression, désormais utilisée pour signifier « à mon grand regret ».

  2. Merci de votre commentaire intelligent et enrichissant. En rédigeant mon billet, je m’étais dit que je n’avais pas le droit à l’erreur…. DAMNUM !!!! Mes études en latin, intensives à une certaine époque, doivent y être pour quelque chose !

  3. Honnêtement, je suis un peu choquée que deux orthographes soient acceptées pour un même mot : « charriot » par exemple, me paraît une aberration totale. Une lettre en double change radicalement l’intonation du mot, et à grande échelle la musique de la langue. Sans devenir lyrique, la fluidité du « chariot » devient lettre morte. Si on part du principe que les mots évoluent parce qu’on ne cesse de la raccourcir, les mâcher et autres épreuves de torture, comment en arriver à cette prononciation nouvelle qui allonge le mot ? Je n’y crois pas. S’il s’agit de légaliser une faute devenue trop fréquente pour être ignorée, n’est-ce pas à double tranchant ? D’un côté une certaine cohérence par rapport à « charrue », « charrette » et consorts, de l’autre une faille dans l’autorité du dictionnaire. Personnellement, je me contrefiche du chariot, en ce moment je suis dans les « budg » vraiment « super-shorts » alors que la « dead-line » est pour bientôt… Par contre, est-ce que cela ne vaudrait pas le coup de faire entrer un peu de verlan ? Je pense à « chelou » et autres « chantmé » dont les utilisations variables esquissent un sens différent de l’original et qu’il serait sympathique d’isoler. Une langue vivante, oui, mais avec des actes de naissance plutôt que des clonages litigieux.

    (parti pris assumé de la littéraire en mal de séminaire)

    Expérience linguistique : http://rebelle-obsessionnelle.spaces.live.com/blog/cns!C472314B5454450A!2664.entry
    (je ne sais pas comment ancrer les liens dans les commentaires, c’est dramatique)

  4. exelente j’ai trouvé ce site très interezante écrit remercier tout q
    hiphop bling


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