Publié par : Nicolas | 17 octobre 2008

Le web 2.0 n’est pas mort, il a juste perdu sa particule

La rumeur du décès du web 2.0 est partie de la présentation de Sequoia Capital, un des principaux investisseurs en capital risque de la Silicon Valley, qui a annoncé qu’il allait falloir songer à se serrer sérieusement la ceinture. Qu’un séminariste sonne le glas, et par un effet moutonnier tout le diocèse se crispe pour des funérailles à l’échelle planétaire. Erreur !

Oui, ça va saigner, comme le pressentait dès 2007 le Web 2.0 blog. Oui, il y aura des morts. Mais pas la mort. Le web a accompli un cycle. En astronomie, on dirait qu’il a fait sa révolution. Et pour parachever le glissement métaphorique sur la révolution : ci-devant Web, il est temps de perdre la particule et le titre « de Pointzéro » !

Signe des premières difficultés sérieuses, le très médiatique Loïc Le Meur s’est servi de l’outil maison pour annoncer le licenciement de 50% de ses collaborateurs chez Seesmic. Pourquoi faut-il s’attendre à de nombreuses disparitions ? En partie parce que de nombreux services me too sans vraie différence marquée étaient lancés pour espérer concurrencer les pionniers (les microblogs comme Plurk, identica, ou Pownce sont venus titiller Twitter) alors que les premiers bénéficient fortement de l’effet de réseau. La cartographie mondiale des réseaux sociaux par pays et par nombre d’utilisateurs le montre bien : on a toujours plus intérêt à s’inscrire sur le service qui compte déjà le plus grand nombre d’adeptes parmis ses proches.

En partie aussi parce que certaines niches ne sont peut-être pas viables faute de revenus suffisants, revenus qui sont directement liés au nombre d’utilisateurs. En partie également parce que de nombreux aventuriers du web 2.0 se sont lancés sans un business model solide : d’où viendra l’argent ? Peut-on monétiser le service ? la publicité online sera-t-elle une source de revenus suffisante ? En partie enfin parce que les sources de financement pour lancer les services innovants se tarissent.

Mais le web, avec ou sans particule, n’est pas mort. Ouriel Ohayon le dit bien sur TechCrunch France : ce qui est mort, c’est peut-être le nom qui ne fait plus sens. Le web a évolué et continue d’évoluer, il ne faut pas le figer dans une artificielle version « 2.0 ». Il ne s’agit plus de services et d’outils de geeks avant-gardistes et hyperconnectés. L’usage s’est largement répandu pour devenir mainstream, l’un des meilleurs signes étant la reprise d’éléments du web par des médias chauds comme la radio ou la télévision.

Ce qui va changer : les investissements dans les start-ups. Il est évident que le resserrement du crédit et le manque de liquidités a refroidi plus d’un business angel. On verra moins de services innovants apparaître dans les prochains mois et si la technologie ou l’usage étaient les arguments clés il y a encore peu, l’élément économique est revenu au premier plan dès aujourd’hui.

Ce qui ne va pas changer : les usages ! Il serait long de rentrer dans les détails, mais en vrac on peut citer :

  • la bêta perpétuelle : les services s’enrichissent perpétuellement de nouvelles fonctionnalités sans numéro de version comme dans l’industrie logicielle ; c’est aussi la meilleure réponse au terme « web 2.0 » qui n’a eu d’utilité que pour traduire de nouveaux horizons à un moment donné et qui sont largement atteints aujourd’hui
  • la syndication des contenus fait remonter directement à moi l’information et l’agrège sans que j’aille la chercher : flux RSS, ATOM… Saviez-vous que sur le Twitter de l’agence vous pourrez suivre l’actualité des médias et des rédactions ?
  • l’usage de tags pour archiver : une nouvelle taxonomie du savoir qui, contrairement à une bibliothèque physique, s’affranchit des contraintes matérielles puisqu’un même objet peut être en plusieurs lieux, et un classement qui devient personnalisable (Digg, de.icio.us) !
  • la participation : notation, commentaire, nous donnons notre avis ou entrons dans une conversation qui peut enrichir l’information originelle
  • la mise en ligne de contenu par l’utilisateur (user generated content) : albums photos (Flickr), textes (blogs), son (Deezer), image (Seesmic), vidéo (Dailymotion, YouTube)… mouvement d’externalisation des données qui s’amplifie jusqu’aux logiciels avec le cloud computing et la virtualisation.
  • la simplicité : pas besoin d’être informaticien pour se servir des outils, les usages se sont démocratisés grâce à des plateformes simples ; nous avons créé un univers Netvibes mais vous pouvez vous l’approprier, créer des onglets, ajouter ou supprimer des fonctions en quelques clics !
  • les réseaux sociaux sont adoptés pour divers types d’usage, quitte à être présent sur plusieurs pour des raisons différentes : rester en contact sur un mode plus ou moins léger, entretenir le lien malgré la distance, découvrir et rencontrer d’autres personnes, entretenir un réseau de contacts professionnels (Trombi.com, Facebook, LinkedIn, Viadeo, MySpace…), tout cela est devenu plus simple (saviez-vous que 3d Communication est aussi sur Facebook ?).

Et pour appuyer tout cela encore un peu plus, voici quelques signes un peu concrets dans l’actualité :

Vendredi, l’hebdomadaire qui sélectionne les meilleurs informations du web, sort son premier numéro en kiosque. Transporter le web, regarder le monde et l’actualité sous un nouvel angle, découvrir des sources intéressantes (une longue liste en quatrième de couverture), peut-être une façon de démocratiser le web comme source d’information alternative. Un clin d’œil : les billets s’achèvent par le logo RSS. Un regret : le format inhabituellement haut, qui rappelle un peu les pages kilométriques nécessitant le scrolldown pour continuer à lire. Si à l’écran c’est simple à faire, même sur écran mobile, tourner la page dans les transports en commun devient en revanche une bonne occasion de s’exercer au contorsionisme ou de coller des bosses et des bleus à ses voisins.

Médias, le magazine de France 5 présenté par Thomas Hugues qui décrypte l’actualité de la semaine le samedi midi, a choisi de booster sa notoriété en proposant à des blogueurs d’interviewer l’animateur. Parmi les premiers : Eric Dupin, et son Presse-Citron.

Comme tous les secteurs, les technologies innovantes en ligne vont connaître des difficultés, nous verrons des rachats, des rapprochements, des synergies, des disparitions… C’est un simple processus vital. Mais on ne reviendra pas en arrière. Les forums étaient web 1.0 mais préfiguraient déjà le web 2.0. La prochaine étape, que l’on va nommer naturellement web 3.0, devrait probablement être le web sémantique ou les services web, voire les deux.

Si l’on pense le web comme une écosphère, un système vital complet, il a connu une première époque de foisonnement vital, une crise, un deuxième foisonnement, et une crise se profile. La vie est une tautologie : ce qui survit survit. Il suffit de pouvoir s’adapter. Saviez vous que chez 3d Communication, étant au coeur de la stratégie des entreprises grâce aux relations presse, nous avons déjà entamé la mutation pour accompagner nos clients vers tous les publics de l’entreprise ?

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Responses

  1. Justement, je débattais de l’avenir des marques à travers les outils 2.0 chez Harrisson & Wolf hier… beaucoup moins bien sans conteste !
    Coïncidence ou convergence de hasards, la newsletter de Stratégies présentait ceci : http://halshs.archives-ouvertes.fr/SHS/tel-00329927/en/ , une thèse sur le blogs. D’ailleurs, je crois que je ne vais me tâter longtemps pour trouver le sujet de mon mémoire pour l’an prochain.

    J’étais au courant pour le magazine, mais pas pour Th. Hugues… c’est malin quand on n’a pas de tv !
    Enfin (et surtout ?), bravo à Hervé qui a été repris dans le Stratégies de la semaine !!! Je peux vous dire que ça s’est su dans ma classe 😉


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