Publié par : Hervé | 6 novembre 2008

A quoi jouons-nous ?

J’assistais hier à la conférence de presse semestrielle de Syntec Informatique qui présentait comme d’habitude un point sur la santé économique du secteur des SSII et des éditeurs de logiciels ainsi qu’une projection pour les mois à venir. Je ressortais de cette conférence, non pas euphorique, mais plutôt heureux du message positif transmis par ce secteur d’activité à un moment où la crise semble devoir tout embarquer.

Quelle n’est pas ma surprise ce matin à la lecture de la presse de découvrir des titres comme : « Salaires : le Syntec annonce une période de vaches maigres » (01Net), « Logiciels et services informatiques : fort ralentissement attendu en 2009 » (Les Echos) ou encore : « L’année 2009 s’annonce mal dans les métiers de l’informatique » (18H.com).

A croire que nous n’avions pas assisté au même événement. Ou plutôt si, car il y a effectivement moyen de justifier chacun de ces titres alors qu’ils ne reflètent en aucun cas la tendance globale qui nous a été présentée.

Emploi et salaires : Syntec prévoit un ralentissement de la progression des salaires et une moindre croissance des créations de poste par rapport à des années exceptionnelles où les entreprises ne parvenaient pas à trouver sur le marché les profils dont elles avaient besoin. Mais on parle toujours de création nette d’emplois et de progression salariale ! Est-ce cela les vaches maigres et une année qui s’annonce mal ?

Le ralentissement dont parle le quotidien Les Echos n’est pas un ralentissement de l’activité mais un ralentissement de la croissance de cette activité qui au lieu de ressortir à 6 % comme en 2008 devrait s’établir autour de 3 % pour le premier semestre 2009. Et pour moi, 3 % de croissance par les temps qui courent ça reste une bonne nouvelle.

Heureusement, La Tribune est là pour titrer : « Le secteur des logiciels et services informatiques reste optimiste ». Tout ceci est une question d’interprétation me direz vous et chacun est libre d’apprécier le verre à moitié plein ou à moitié vide, c’est vrai. Mais à une époque où on parcourt les médias à grande vitesse, où on zappe sans arrêt, où on lit beaucoup plus de dépêches sur écran que d’articles de fond détaillés et nuancés, la tonalité du titre détermine l’opinion puisqu’il est censé refléter la réalité. Or c’est là que le bât blesse : un titre de presse n’est plus écrit pour traduire une réalité mais pour faire lire le papier ou vendre le journal.

Alors à quoi jouons-nous ? On joue à se faire peur car cette peur est lucrative. Mais attention, à ce jeu il n’y aura à terme que des perdants. Il est vrai qu’à la fin on sera tous morts et que certains ne se privent pas de l’annoncer par anticipation.

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