Publié par : Nicolas | 3 décembre 2008

Cette pression qui pèse sur les journalistes…

Les journalistes souffrent. Les signaux alarmants le montrent à plusieurs niveaux. Les Etats Généraux de la presse écrite lancés début octobre devaient permettre d’ouvrir des débats sur la formation, les salaires, la distribution (monopole des NMPP), la concurrence des gratuits et la (potentielle ?) concurrence cannibalisante d’Internet : version web des journaux traditionnels, médias 100% en ligne (Rue89, Mediapart, Journal du Net…), blogs experts, et même des initiatives plus étonnantes comme l’hybride aaaliens et son agrégateur de liens éditorialisés.

Dans les faits, les journalistes se sont montrés dubitatifs dès le début, le patron de Métro s’est offusqué que l’on fustige les gratuits qui ont créé de nouvelles habitudes de lecture, ca ne se passe pas très bien et des points de friction ne sont toujours pas surmontés.

Mais on ne vous dit pas tout…

Les journalistes traversent une crise générationnelle, avec des éléments conservateurs peu au faits des enjeux et des usages d’Internet (par exemple les blogs de rédaction) et qui ne souhaitent pas remettre en cause cette doctrine nommée « journalisme ». En particulier, les plus jeunes connaissent une véritable paupérisation comme le souligne Narvic dans ses carnets de lecture sur novövision (un blog très fourni sur l’information et le journaliste).

Plus récemment, l’affaire de la garde à vue musclée de Vittorio de Filippis, ancien directeur de la rédaction de Libération, pour une simple accusation en diffamation a soulevé un grand émoi chez les journalistes et jusqu’en haut des strates politiques. On a même vu le Président de la République demander une relecture attentive du rapport Guinchard et l’examen dès janvier 2009 d’un projet de loi dépénalisant la diffamation.

La procédure qui a été suivie, manifestement exagérée, semble entachée de nombreuses irrégularités que relève Maître Eolas sur son blog juridique. S’il est certain que le bruit médiatique fait autour de cette interpellation tient beaucoup à la fonction de l’ancien journaliste comme le suggère Authueil, le sentiment de persécution de cette profession est réel.

Le pire réside ailleurs, et c’est une enquête du Monde qui décrit le désenchantement des journalistes. La pression vient des relations incestueuses entre milieux d’affaires et médias, où les soupçons de censure et de conflits d’intérêts sont nombreux comme le rappellent certains journalistes interrogés. Sujets abous, consensus mou, messages formatés, difficultés financières, course à l’information pour ne pas être dépassé par les médias chauds, tout y passe jusqu’à la pépite

Alexandra Bensaid, qui anime un journal économique sur France Inter, soulève un coin du voile sur la triste réalité. Il s’agit des agences de communication, ce terrible fléau : « Au moins une fois par jour, une boîte de communication me propose un sujet« . C’est fou, vous ne l’imaginiez pas, mais la mafia des agences dispose de pouvoirs insoupçonnés : la journaliste précise que « nombreux sont ceux qui dénoncent le poids des agences de communication, qui disposent de réseaux d’influence très puissants dans les rédactions et dans tout le CAC 40« .

Autant mettre les choses au clair : chez 3d Communication, nous avons arrêté de monter des dossiers sur les journalistes, de les menacer avec des armes à feu au coin de rues obscures, de faire des lettres de menace anonymes, de demander aux patrons des rédactions et du CAC 40 de faire mettre à pied les récalcitrants, de les amadouer avec de somptueux cadeaux, de saboter leurs véhicules quand ils ne répondent pas au téléphone et de nous venger sur toute sa famille quand il n’est pas intéressé par notre sujet. A vrai dire, nous n’avons même jamais commencé.

Nous considérons que nous pouvons aider le journaliste à faire son travail en lui proposant des sujets originaux, d’actualité, pertinents, décalés, en lui fournissant la matière qui l’intéresse pour son dossier (des chiffres, un expert, des données visuelles…). Nous restons à sa disposition, nous mettons en avant certains éléments qui intéressent son lectorat / auditorat / ses téléspectateurs et qui correspondent à sa rubrique. Nous sommes une de ses sources, il choisit d’y avoir recours ou pas.

Et vous savez quoi ? Ils nous apprécient pour cela. Certains en redemandent. Leur métier est de trouver une information et de l’exploiter, de la transformer, de la mettre en perspective, de la rendre intelligible. Nous ne tenons pas un couteau sous leur gorge quand ils font leur papier (et pas seulement parce que ça tache). Nous ne faisons pas griller son animal domestique quand il n’est pas venu à la conférence de presse à laquelle nous lui avons proposé d’assister.

Un journalisme n’aime rien autant que sa liberté, nous la respectons. Une agence de communication n’aime rien autant que donner des informations utiles. Respectons cela.

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