Publié par : Henri | 27 mars 2009

Et si ce n’était que de la com ?

Oui, si tout ce qu’on entend en ce moment de scandaleux, d’incompréhensible, d’intolérable, de disproportionné, etc., à propos des primes, bonus et autres plans de stocks-options, n’était que de la com ?

Vous n’avez pas pu échapper à l’avalanche des informations reprenant ces sujets, le dernier en date de ce matin.

Et comme moi, vous avez dû vous dire :  » Mais, ce n’est pas possible : tous ces dirigeants sont en général sensés, non ? C’est normalement pour ça qu’ils dirigent… Ils savent bien dans quelle merde situation nous sommes puisque certains d’entre eux – certes une minorité – nous y ont mis. Ils sont entourés d’une armada de collaborateurs et de conseillers tous plus compétents et cher payés qui doivent pourtant leur recommander de ne pas en rajouter sur l’opinion publique déjà hyper tendue. »

Et bien, en même temps qu’ils taillent dans les effectifs pour réduire les coûts, ils annoncent qu’ils se versent des millions d’euros de parachute doré, de bonus, de stocks options. Où est la logique, le rationnel, l’explication qui éclairicit le mystère ? Ils ne sont pas tous des patrons voyous ni des autistes coupés des réalités ni des mercenaires. 

Alors, et si tout ça, finalement, c’était de la communication poudre aux yeux ? Juste une vaste opération de manipulation – une fois encore – de l’opinion publique au travers des médias totalement omnubilés par ce climat délétére, mortifère et dépressif.

Je m’explique : Acte 1 – J’annonce une énormité sachant qu’elle sera massivement médiatisée et qu’elle va choquer l’opinion publique. Acte 2 – Je fais machine arrière devant le tollé général montrant ainsi combien je suis resté humain, à l’écoute et conscient des drames sociaux. Final – J’ai alors toute la marge de manoeuvre pour geler  les salaires, voire les diminuer (cf ce qui se passe en ce moment chez HP), faire passer les plans de rigueur et tailler dans la masse salariale.

C’est tellement du pur Machiavel que ça ne peut pas être ça la véritable explication. Mais vous en voyez une autre vous ?

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Responses

  1. Il y a une autre explication : le temps. On se trouve dans un effet de bascule parce que le retournement de conjoncture se situe à peu près au moment de la clôture des comptes. On a l’impression que les entreprises changent littéralement de maque.

    – les bénéfices de l’an dernier sont plutôt bons car la crise n’est arrivée qu’en fin d’année, et n’a pas produit ses effets immédiatement (la bourse a souffert en premier), du coup les primes sur objectifs et autres sont plutôt élevées. Elles entérinent / valident des résultats.
    – les licenciements et les mesures de « modération salariale » (oh la belle litote) correspondent à une anticipation sur ce qui va venir dans l’année. Les carnets de commande et les prévisions sont en berne, alors on se serre la ceinture. Cette politique est fondée sur le futur présupposé.

    Mais les primes sont versées au moment où les mesures difficiles sont annoncées, et c’est ce type de hiatus qui choque l’opinion.


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