Publié par : Alexis | 22 juin 2009

Est-ce que bloguer, c’est tromper ? Guillaume Grallet, L’Express

Et une nouvelle rubrique, une ! Désormais, dans SmallTalk, retrouvez régulièrement (enfin nous l’espérons) le point de vue de journalistes qui, en parallèle de leur profession respectable, se laissent aller au plaisir coupable du bloguage, blogging, enfin qui blogue quoi !

Première victime (consentante) : Guillaume Grallet que vous pouvez retrouver toutes les semaines dans L’Express et tous les jours sur son blog « Nos Futurs« .

SmallTalk : Tout d’abord, quel est l’impact des « nouveaux médias » (blogs, twitter, journaux citoyens, aggrégateurs, etc.) sur tes habitudes de journaliste (identification de sujets, course à l’info, validation des sources, etc.) ?

Guillaume Grallet : En fait, Twitter est un peu devenu, au fil du temps, une de mes sources principales d’inspiration et même d’info. Très concrètement, je peux prendre deux exemples récents :

1) je préparais un sujet sur le site de la SNCF et avais besoin d’identifier un expert du sujet. Un petit coup de Twitter Search et de Twitturly et j’ai découvert Xavier Moisant, un pro du sujet qui m’a permis de rédiger mon papier. Auparavant, il m’aurait fallu des heures, voire des jours de recherches pour trouver un tel interlocuteur via mes contacts traditionnels.

2) deuxième exemple, Twitter me permet également de me tenir au courant de ce qui se passe et de préparer mes sujets. Ainsi, lundi dernier, j’accompagnais ma fille à l’école et, grâce à mon appli TwitterFon sur mon iPhone, j’ai pu, sur le chemin, rattraper le fil de ce qui faisait l’info après un week-end « déconnecté ». En quelques minutes, j’ai rattrapé tout mon retard et ai ainsi gagné un temps précieux une fois de retour à la rédaction.

ST : Twitter : un ami, un concurrent, une perte de temps ?

GG : Définitivement un ami comme je viens de le montrer et malgré les premières impressions même un gain de temps une fois qu’on en a trouvé le bon usage.

ST : Ton blog : un choix ? une contrainte ? quelle liberté dans sa ligne éditoriale ?

GG : Mon blog a été un choix même si L’Express nous a fourni très tôt une plate-forme nous permettant de le créer rapidement. Je dispose d’une liberté totale par rapport à la ligne éditoriale… presque trop ! J’aimerais éventuellement pouvoir, comme sur le papier, faire appel à une équipe pour relire, vérifier, faire un retour sur mon billet. Les blogs pourraient d’ailleurs justifier le retour en grâce de certaines professions de l’édition qui sont tombées en disgrâce (correcteurs, secrétaires de rédaction, etc.). Ces derniers pourraient éviter que le style ne pâtisse parfois de l’urgence dans laquelle la rédaction a été faite.

ST : Docteur Journaliste et Mister Blogueur : faut-il être schizophrène pour mener en parallèle une chronique et un blog ? Quels sont les différences, les points communs ?

GG : Il est vrai que l’on nous apprend à nous débarrasser du « je » lorsque l’on est journaliste. Or, le blog remet le « je » au centre de la discussion. Et après tout, il est parfois plus honnête d’avouer notre subjectivité que de se cacher derrière une apparente objectivité que la troisième personne est sensée incarner.

ST : Cela te donne-t-il le statut de pestiféré au sein de la rédaction pour cette infidélité criante ou de demi-dieu/déesse qui ose affronter en direct le « lecteur » ?

GG : Il y a eu beaucoup de scepticisme voire de mépris au démarrage mais la situation a évolué très rapidement et, désormais, c’est la curiosité qui prime. Il est intéressant de voir à quelle vitesse les blogs sont en train de s’imposer, même dans les rédactions papier.

ST : A ce propos, quel est ton rapport avec tes lecteurs depuis que tu blogues ?

GG : J’ai la chance d’avoir essentiellement des retours positifs. Il y a bien quelques critiques lorsque vous parlez un peu trop d’un sujet (comme par exemple de l’iPhone récemment) ou que les lecteurs trouvent que vous n’avez pas assez été au fond des choses mais je trouve paradoxalement qu’il est enrichissant d’être confronté aux lecteurs. C’est d’ailleurs la force des « nouveaux médias » : un article n’est jamais « fini », c’est souvent l’occasion de démarrer une conversation et de compléter/corriger au fur et à mesure notre contribution. Je rejoins d’ailleurs sur ce point l’avis de Michael Arrington qui prend le contrepied du New-York Times à ce sujet.

ST : Ton blog dans 5 ans ? Un jouet cassé, ton activité principale, un joli souvenir ?

GG : Probablement une activité majeure… mais l’avenir nous le dira !!!

ST : Dernière question : de quelle personnalité, vivante ou disparue, contemporaine ou non, aimerais-tu lire le blog ?

GG : Plastic Bertrand ! Il est mort, non ? 😉 Non, je rigole, j’adorerais pouvoir lire le blog de Romain Gary. (NDLR : +1)

Merci Guillaume de t’être prêté à l’exercice et à bientôt dans L’Express, sur Twitter ou sur ton blog !

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