Publié par : Hervé | 26 juin 2009

Les médias broient du noir

Fidèles observateurs des médias, nous avons acquis depuis longtemps la conviction que la mauvaise nouvelle jouit d’un parfum particulièrement attractif. On enfonce une porte ouverte si on dit qu’un plan de recrutement de 1000 personnes n’a pas la même saveur médiatique qu’un plan prévoyant 1000 suppressions de postes.

Mais, au-delà de l’impression ressentie, nous avons voulu mesurer l’ampleur du phénomène.

Pour notre étude, nous avons choisi le mois de mai. Ce n’est pas le pire, c’est le printemps et il est plein de ponts (et en plus, l’avion d’Air France ne s’est crashé que le 1er juin). Nous avons retenu les médias nationaux parmi les plus puissants : Le 20H de TF1 et France 2 ; les journaux de la tranche 7-9 de France Inter, Europe 1 et RTL ; la Une du Monde, du Figaro, de 20 Minutes et Métro.
Résultat ? Globalement les bonnes nouvelles ne représentent que 12,5 % des informations alors que les mauvaises sont presque 4 fois plus nombreuses.

Coïncidence, l’INA vient juste de publier dans le N° 13 de sa revue inaStat du mois de juin une étude qui va tout à fait dans le même sens et montre que sur l’ensemble de l’année 2008, près de 10 % des sujets des éditions du soir de TF1, France 2, France 3, Arte, Canal+ et M6 étaient consacrés aux catastrophes et aux faits divers, soit 3159 sujets – une moyenne de plus de 8 sujets par jour – bien plus que la part réservée à la politique (2111 sujets). Le même document montre également que la place des faits divers dans les journaux TV a presque triplé en dix ans (630 en 1999, 1710 en 2008) et que l’exposition de victimes de conflits, accidents, agressions ou catastrophes, relativement discrète en 1995 avec moins de 500 sujets, a pratiquement été multipliée par 4 pour atteindre 1990 sujets en 2008.

Devant un tel systématisme et une telle progression dans le temps, dire que c’est la faute à l’actualité ne tient pas. Il s’agit bien d’un parti pris de traitement de l’information qui privilégie la mauvaise nouvelle, l’émotion et parfois le voyeurisme.

Alors que la crise économique frappe durement une part importante de la population, il faut s’interroger plus que jamais sur ce qui constitue une information favorisant la connaissance, la réflexion, le choix et la prise de décision. Il ne s’agit pas de tomber dans un angélisme stupide et artificiel mais il est plus que certain que se complaire dans tout ce qui va mal pour se convaincre que notre monde est pourri ne nous aidera pas à trouver les idées la motivation et l’énergie pour le faire progresser.

Et si on essayait la « positive attitude » pour changer ?

UPDATE : belle reprise dans le Stratégies de cette semaine :

EtudeMN-Strategies

Publicités

Responses

  1. Si on considère qu’une information négative à un ancrage plus long et plus fort qu’une information positive. Que le support influence bcp le récepteur de l’information notamment quand il est passif. Qu’un format court accentue encore le phénomène. Et que la peur est le fond de commerce de certaines grande chaîne. On obtient un cocktail parfait pour rendre n’importe qui dépressif et créer un climat anxiogène. Un remède : oublier sa zapette…


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :