Publié par : Bénédicte | 9 novembre 2009

Commémorations de la chute du Mur de Berlin : la scandaleuse arnaque !

« Les hommes construisent trop de murs, pas assez de ponts », disait Isaac Newton.

Muraille de Chine, Cités grecques fortifiées, remparts de Saint Malo, ligne Maginot, Mur de Berlin dont on dit qu’il aurait permis d’éviter une guerre fratricide voire une 3ème guerre mondiale, zone démilitarisée « DMZ » en Corée dernier vestige de la guerre froide et en réalité zone tampon minée, surveillée, clôturée et patrouillée en permanence par les armées des deux Corées, faisant de cette « zone démilitarisée » la plus militarisée au monde…

Mais d’où vient ce besoin de se barricader, cette tendance à recourir au mur ?

Le premier réflexe des hommes est de se protéger. Le pacte fondateur des hommes entre eux repose sur cette logique de protection. En échange l’homme accepte une tutelle : celle de l’Etat, quitte à renoncer à une partie de sa liberté. C’est l’origine du « contrat social ».

A cela s’ajoute probablement un besoin de « repère », d’identité, c’est à l’ombre de murs que se définissent les collectivités…

Alors, on a beau célébrer la chute du Mur de Berlin à renforts de festivités, de sur médiatisation, il n’en demeure pas moins que les hommes continueront à vouloir se protéger contre eux par l’érection quasi naturelle de remparts entre eux. L’homme sera toujours un loup pour l’homme. Il ne s’agit pas de désespérer de la nature humaine mais d’être lucide. Veut-on se rassurer en commémorant de façon quasi indécente le 20ème anniversaire de la chute du Rideau de Fer ? Se rassurer contre la nature humaine pour que « plus jamais »….

Illusion ! Artifice !

Pour les plus optimistes, on aurait pu penser qu’à l’heure de la globalisation, de la mondialisation comme on dit, à l’heure du « village planétaire », les recours multipliés aux échanges favorisés aujourd’hui par un « internet sans frontières », par l’introduction d’éléments de comparaison et éducatifs, auraient entraîné la disparation des murs et la construction de « ponts », à l’image de l’espace de Schengen. Oui, certes, quelques initiatives accouchent dans la douleur mais…

Chassez la nature, elle revient au galop ! Besoin viscéral, constitutif de l’homme de se protéger contre la peur et contre lui-même, n’en déplaise à Rousseau.

Pour preuve la plus récente, le mur de la honte érigé autour de la Bande de Gaza en 2002, de nouvelles barrières de béton ou d’acier qui viennent balafrer la planète. Quelques chiffres éloquents sont la preuve que le « village planétaire » a bien du souci à se faire : on recense aujourd’hui près de 17 murs internationaux !!! Ces fortifications couvrent 75 000 kilomètres, soit 3% des frontières terrestres ! Et ce chiffre n’englobe pas les frontières fortifiées intérieures, comme les murs de Belfast qui séparent catholiques et protestants ou ceux de Bagdad qui divisent les quartiers sunnites et chiites.

Alors  ne nous étonnons pas si l’Europe festoie sans condamner vigoureusement l’existence d’autres murs. Tout cela finalement n’est qu’artifice, ornement, pour nous rassurer contre notre nature. « Rempart » à la peur dévorante que nous avons de nous-mêmes.

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Responses

  1. Pour appuyer ton propos et aller plus loin : http://www.diploweb.com/Les-murs-en-l-an-2009-20-ans-apres.html

    Un autre « mur » dont dont on parle peu, qui est pourtant la clôture la plus longue du monde avec 4000 km, enserrant le Bangladesh et construite par son seul voisin limitrophe, l’Inde.
    Cette clôture va devenir un piège humanitaire dans les années à venir où les inondations ne devraient pas laisser de répit aux bengalis…
    http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,1877200,00.html

  2. A propos des murs à faire tomber, voir également du côté des utopies architecturales et de la pensée de la « cité ouverte » de force pour le bien-être et la vertu de la collectivité, en particulier phalanstère de Fourier et familistère de Godin.

    L’injonction de transparence et la limitation du cadre privé au strict nécessaire est aussi une pression sociale qui tue l’individu par la surveillance mutuelle. Une surveillance collective de tous par tous, une culture du soupçon et de l’espionnite qui fit les beaux jours de la Securitate ou de la Stasi de l’autre côté du Rideau de Fer…

  3. Salut à tous du haut des remparts de St-Malo !

    Rassurez-vous, ces fortifications là font définitivement parties d’une époque révolue !
    Mais merci Béné pour le clin d’oeil…
    Je suis rassurée de voir que le blog vit toujours…
    blog dynamique = agence dynamique !
    A bientôt.

    Anaïs


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