Publié par : Tom Doron | 1 décembre 2009

Tempête sur les médias : panorama de la crise en France

L’annonce d’un plan social au Parisien nous rappelle que la crise des médias est loin d’être résolue. Les groupes de presse n’arrivent pas rentabiliser la migration des revenus publicitaires vers le Web et taillent dans leurs effectifs à coup de plans sociaux et de sauvegarde de l’emploi, de départs volontaires, de restructurations et autres réorganisations structurelles. Ces dernières années, l’hécatombe enregistrée dans la presse papier nous obligeait à repenser notre métier pour nous adapter à l’évolution des contenus et de l’information à mesure que la révolution numérique redessine la carte des médias.

La crise des médias se traduit par la stagnation du nombre de journalistes : 37 307 journalistes professionnels en France au mois de janvier 2009, soit autant qu’en 2001 et moins qu’en 2002 (la Commission de la Carte d’Identité des Journalistes ProfessionnelsCCIJP – recensait alors 38 158 journalistes). Elle voit surtout se précariser la profession, qui compte de plus en plus de pigistes (d’aucuns parlent de stabilisation de leur nombre, mais de nombreux pigistes ne sont pas comptabilisés par la CCIJP), de CDD et de stagiaires, et voit plus de 2 000 personnes touchées par les plans sociaux.

Cette situation n’est pas le seul lot de la presse française, et la situation aux Etats-Unis – qui font souvent figure de « laboratoire » de la crise – génère de nombreuses inquiétudes : suppression de 100 postes de journalistes d’ici la fin de l’année au New York Times, après une première réduction de voilure de 1330 à 1250 personnes. Au L.A. Times, premier quotidien de la côte Ouest, la rédaction est passée de 1200 postes en 2001 à moins de 600 en février 2009, après le licenciement de 10 % des postes de journalistes en octobre 2008 et une réduction de la pagination de 14 %. Autre fait marquant, le Washington Post, dont la rédaction compte 700 personnes aujourd’hui, contre près d’un millier en 2003, annonçait il y a tout juste une semaine la fermeture d’ici le mois de décembre 2009 de l’ensemble des bureaux locaux. Là encore, la chute des recettes publicitaires, l’érosion du lectorat de la version papier et l’engouement du public pour les contenus gratuits en ligne sont montrés du doigt.

La crise des médias français : quelques chiffres pour y voir clair

Au niveau des agences de conseil en communication, la crise a des répercussions évidentes : les rédactions se réduisent, les journalistes doivent produire une quantité de contenu qui leur laisse moins de temps pour approfondir tous les sujets qu’ils voudraient creuser, les médias sociaux élargissent les modalités de prises de paroles et font d’Internet un outil incontournable de la  » réputation  » de leurs clients. Ce sont des faits que nous exposons régulièrement à nos interlocuteurs, mais mesurent-ils pour autant la portée de ces bouleversements ? En ce qui me concerne, la réponse est sans appel : non !

Alors pour y voir plus clair, voici un aperçu de l’étendue des dégâts, au fil de nos lectures (en ligne…).

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Responses

  1. Très intéressants vos chiffres sur les plans sociaux. Vous auriez les sources ? Vos slides sont-ils réutilisables (en vous mentionnant bien sûr ^^) ?

  2. Bonjour Cédric,

    Les sources sont diverses et variées (Stratégies, PresseNews, Challenges, Le Nouvel Eco, etc.). Nous relevons régulièrement ces infos pour nourrir notre flux Twitter et nos panoramas presse pour nos clients.

    Vous pouvez bien sûr reprendre les slides, c’est même fait pour ça 😉

    A.

  3. Article très intéressant, voilà une autre façon de parler de la crise et de ses conséquences (sans parler des banques ou des constructeurs automobiles).

  4. Le modèle économique de la plupart des médias est vieillissant voir même carrément dépassé. Ils sont face à un problème de positionnement de produit (l’information) avec l’émergence de nouveaux acteurs qui savent attaquer leurs clients de manière plus rapide et moins cher.

    En parallèle à cela la Presse a pris une envergure comparable à une bulle spéculative, la carte de presse était une sorte de Sésam parce que la Presse pensait avoir un « pouvoir » or aujourd’hui et je pense que le tournant décisif fut 1993 avec la GWI, il est évident que la Presse n’a pas de pouvoir, enfin pas plus que Renault, Carrefour ou Michelin.

    Les problématiques sociales sont donc comparables à celles inhérentes à n’importe quelle entreprise et ce sont donc les entreprises avec un business model pérenne qui pourront continuer à exister.

  5. […] Bon tableau récapitulatif par type de médias (presse quotidienne, périodiques, audiovisuel). Pour voir la suite, c’est par ici. Dans la même veine :Note de veille : international ObamalandDans le bain du […]

  6. Pour le Groupe Tests, il y avait déjà eu un gros plan de licenciement en 2003. Ca fait donc 3 plans de licenciement économique en 5 ans chez le leader du domaine.

    Et, par ailleurs, vous avez parfaitement raison, les budgets publicité ne se reportent pas sur le web. Les annonceurs disent vouloir des audiences ciblées de qualité, mais lorsqu’on leur propose, ils estiment les volumes insuffisants. Bref, ils réfléchissent encore en terme de CSP, plus que de thématique.

    Quant à la monétisation d’une audience sur le web par un abonnement, elle n’est possible (et encore) que pour des sites généralistes à très fort trafic.

    Bref, tout le monde veut de l’info « merdique », sans intérêt, sans recul, sans analyse, mais en temps réel et gratuite.


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