Publié par : Dora | 25 février 2010

Le journalisme « à l’ancienne » survivra-t-il à l’ère du « Tout Internet » ?

On le sait, le journalisme est une profession taraudée par des questions existentielles : qu’est-ce que le journalisme ? Quid du rôle de la presse dans l’économie et la démocratie ? Et mille autres choses encore.

En témoignent les innombrables colloques, séminaires et autres groupe de réflexion qui se réunissent régulièrement ici et là. Une des dernières initiatives en date est celle du Social Media Club, le 17 février 2010. Fil rouge des discussions : l’incidence des technologies sur la presse et l’incroyable bouleversement que l’essor de l’Internet impose à la presse en général et à la presse écrite en particulier. Et en la matière, les questions ne manquent pas. Des exemples ? La création de sites communautaires d’information en ligne comme Agoravox transforme en journalistes des « lecteurs-contributeurs » qui n’en ont ni la formation ni les compétences.

Autre phénomène auquel on pense rarement : le téléchargement quasi systématique sur Internet de photos prises avec des téléphones portables et ses conséquences. Ainsi, les récents événements politiques en Iran ont été relayés par les manifestants eux-mêmes qui ont saturé l’Internet de photos documentaires. Si l’intention est évidemment louable, reste que le photojournalisme est un métier à part entière avec ses règles et sa déontologie.

Autre fait révélateur de l’évolution des mentalités : aujourd’hui chaque site de presse, à commencer par les grands quotidiens (Le Monde, Libération…) comporte des rubriques permettant au public de réagir à chaud aux articles de la rédaction en écrivant dans des blogs ouverts à tous.

Faire participer les lecteurs, mieux associer le public au travail des journalistes, qui pourrait être contre ? Sauf qu’il faut rappeler que la presse « à l’ancienne » obéit à des codes structurés qui finalement garantissent une information de qualité. Et à trop vouloir plaire à leur public, certains organes de presse semblent avoir eux-mêmes perdu de vue ce qui fait la spécificité du travail du journaliste : le goût de l’information vérifiée, l’équilibre du commentaire, le refus du sensationnalisme. Une question qui dépasse largement l’essor de l’Internet et qui n’a pas fini d’alimenter les colloques de réflexion dont raffolent nos chers journalistes.

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Responses

  1. […] Owni publie une instructive synthèse et des vidéos de l’évènement, la session amène SmallTalk à  un questionnement plus large à propos de l’évolution […]


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