Publié par : Marine | 14 mars 2011

Chi-Fu-Mi… et le papier reprend ses droits !

Longtemps restée en marge des préoccupations environnementales des imprimeurs, l’utilisation responsable du papier s’est aujourd’hui démocratisée, allant même jusqu’à être considérée comme un atout commercial pour les acteurs du secteur. Aujourd’hui, l’industrie, régulièrement la cible d’attaques au regard de sa soi-disant nocivité pour l’environnement, se focalise petit à petit sur les véritables problématiques écologiques. Mais la tentation est forte de se contenter des solutions qui existent, aussi imparfaites soient-elles. N’oublions pas que le papier sera toujours dans la ligne de mire des plus ardents défenseurs de l’environnement.

Solutions de substitution : un revers à la médaille ?

Remettons en question certains acquis et revenons à la réalité ! L’utilisation d’encres végétales dans l’imprimerie ? Une excellente initiative qui s’inscrit dans une démarche de développement durable puisqu’elle offre une alternative aux encres minérales à base d’hydrocarbures pétroliers. Pourtant, les huiles utilisées pour fabriquer de l’encre ne présentent pas que des avantages. Certains imprimeurs particulièrement engagés dans le respect de l’environnement se livrent parfois à un exercice de transparence et s’accordent finalement à dire que l’huile de soja ou de colza disponible pour la fabrication d’encres végétales provient, la plupart du temps, de plants génétiquement modifiés. De la même manière, il faut reconnaître que l’exploitation de l’huile de palme favorise la monoculture intensive de palmiers, dégrade les sols et appauvrit ainsi la biodiversité. Finalement, si l’on ne cherche pas à améliorer ces solutions de substitution, le bénéfice écologique gagné d’un côté n’est-il pas perdu de l’autre ?

Le papier en passe de reprendre ses droits ?

L’industrie papetière est incontestablement émettrice de CO2 de par la consommation d’énergie nécessaire à son fonctionnement. Mais cela doit-il nécessairement faire des imprimeurs de « gros pollueurs » ? A l’heure de la généralisation du numérique, il est aisé pour ceux qui cherchent une alternative de se tourner vers la dématérialisation des documents papier. Par ignorance ? Par souci de facilité ? Pourtant le numérique ne déroge pas à la règle : il ne s’agit pas d’une solution 100% propre, encore moins de la panacée qui sauvera la planète. Non, le web « pollue » aussi. Consacrer chaque jour une demi-heure à la lecture d’un quotidien sur Internet revient à dégager 35 kg de CO2 par an ; lire la version papier de ce même journal équivaut à un rejet de 28 kg de CO2 dans l’atmosphère. Autre exemple : très énergivores, les spams consomment à l’échelle mondiale près de 33 milliards de kWh par an, soit autant que la production de 13 millions de tonnes de papier, consommation annuelle globale d’un pays comme la France. Face au numérique, peut-être s’agit-il finalement de redorer l’image du papier, tout en en promouvant le développement éco-responsable ?

Se pose-t-on vraiment les bonnes questions ?

Il est clair que la fabrication du papier a un impact écologique non-négligeable. Mais l’industrie papetière prend déjà des mesures pour préserver l’environnement, notamment en France, 9ème pays producteur de papiers et cartons au monde. En adhérant à l’association Culture Papier ou encore en soutenant les travaux menés par l’ADEME et l’AFNOR, les industriels s’impliquent de plus en plus. En France, si l’usage de l’imprimé peut parfois donner une impression de gaspillage, la grande majorité des acteurs a toutefois considérablement réduit son impact sur l’environnement aujourd’hui : les fibres vierges utilisées dans la pâte à papier proviennent pour plus de 70 % des bois de coupe d’éclaircie nécessaires à la croissance de la forêt, les 30% restants étant issus des déchets des activités de scierie.  Le papier contribue à la préservation, et même à la croissance des forêts en Europe ! Défendons-le donc intelligemment plutôt que de s’en tenir à des idées préconçues et de tenter de le remplacer à tout prix – et quel prix !

L’enjeu : le développement durable au cœur de la filière papier dans son ensemble

Quelques imprimeurs ont commencé à faire de l’exigence environnementale le fer de lance de leur développement. Pourtant, leurs actions sont souvent entachées par le manque d’implication d’autres maillons de la chaîne qui ne suivent pas le mouvement et négligent les bonnes pratiques environnementales. Eco-conception, transport écologique du papier, tri sélectif, recyclage des déchets, … Avant de blâmer l’imprimerie uniquement, peut-être faudrait-il aussi s’assurer que les conditions sont réunies pour que l’ensemble de ces étapes se déroulent dans le plus grand respect de l’environnement ? Chefs d’entreprises, responsables environnement, transporteurs, fournisseurs, consommateurs… chacun d’entre nous se doit d’apporter son concours et son savoir-faire afin de favoriser un traitement écologique optimal du papier, depuis sa conception jusqu’à son recyclage. Saluons donc les initiatives entreprises par la filière papetière française. Une industrie qui a su se restructurer ne mérite-t-elle pas d’être encouragée ?

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